27 novembre 2007
J-196
Après avoir entendu au journal qu'aujourd'hui avaient eu lieu les obsèques de M.Béjart, j'ai instinctivement tapé dans dailymotion "béjart bolero", sans trop réfléchir. Sans trop savoir pourquoi.
Voici ce que j'ai trouvé :
le bolero de ravel - Jorge donn - maurice bejart
envoyé par utopike13
Magnifique, émouvant, une technique évidemment parfaite.
Au fur et à mesure que la vidéo avançait, j'avais une impression de "déjà vu" assez persistante. Les couleurs, les mouvements, les expressions : j'ai vu cette chorégraphie quand j'étais plus petite. Je crois me souvenir avoir tenté de l'imiter même! A une époque où j'avais des repettos aux pieds : mais pas des ballerines...des chaussons de danse!
Mes parents nous avaient inscrites ma soeur et moi au conservatoire de danse. Régional hein. Parce que bon, quitte à faire de la danse, autant y aller sérieusement : le conservatoire. J'avais 8 ou 9 ans je crois. Mon premier concours. D'entrée. Test de souplesse, de rythme etc...
Et c'est parti pour 3 à 4h de danse minimum par semaine.
Les justaucorps, les jupettes (couleur choisie par la prof), les collants - chair rose- les demi-pointes. Une dame au piano. 3 danseuses par lignes. Chaque ligne passe devant la prof. Des miroirs partout. Des barres tout autour de la salle. L'échauffement, les pliés, les battements, les pas de bourrée, les sauts de chat, les glissades. Déjà la peur. Les cris de la prof. Les bras, les doigts, la nuque. Mal au ventre. 1h face à soi, face à son reflet dans le miroir. A côté des autres. Les examens de février et de juin, la représentation en fin d'année au théâtre de la ville, le passage dans la classe supérieure, les vestiaires, le chignon. Que j'ai enfin pu réaliser seule très très tard. Avant ça, ma mère, (parfois mon père!!!) ou une copine de danse devaient me coiffer.
Quelques années plus tard, est arrivée la souffrance ultime : les pointes.
Des dizaines d'ampoules. Des pieds en sang. Du coton. Toujours plus (grossière erreur! un demi-kleenex suffit!). C'est pourtant si beau des danseuses sur pointes. Le chausson en lui-même est magnifique. Je revois ma mère coudre les rubans à lacer...
Le rythme, la grâce, les mouvements, la technique, la position des doigts, et le port de tête, toujours.
Ma soeur et moi avons abandonné la même année pour cause de logistique trop lourde pour mes parents. Nous amener, nous récupérer, à des horaires différents. Bien sûr.
Sans trop de regrets.
Je me surprends, encore aujourd'hui à esquisser des pas que je n'ai pas oubliés. Je souris en me regardant dans le miroir... un peu honteuse. Le corps a changé... Mais le port de tête est (encore) un peu là...
NB : Tiens d'ailleurs à cette époque, je regardais Patrick Dupond avec amour...
Le Lac des Cygnes - Variation
envoyé par marc1756