One year!

Les 365 jours précédant mes 30 ans

26 octobre 2009

Panique honteuse

Je faisais la queue derrière lui. J'ai remarqué instantanément son gros sac de rando. La tablette de chocolat qu'il allait payer. J'ai vu que ses habits étaient un peu sales, et abîmés. Il lisait la bible je crois. Il était nerveux. Prendre son sac. Reposer son sac. Lire la bible.
La panique est montée. Depuis mon séjour aux states "tu vas voir c'est super cool tu vas t'éclater ah non mince c'est le 11 septembre tu peux crever en fait et regarde sous ton siège dans le métro on sait jamais ah tiens une nouvelle -fausse- alerte à la bombe oh tiens il est bas cet avion non?", je peux m'imaginer les pires scènes et me voir mourir.
Métro, salle d'embarquement, rer bien sûr.

Et je me vois mourir. La panique. J'imagine la bombe exploser. Je me dis "ah là tu es très proche de l'engin, on va rien retrouver de toi" ou "merde tu es loin, tu seras blessée et traumatisée à vie".

La panique arrive en moins d'une seconde. Je me contrôle. Parce que je suis dans un lieu public. Mais à l'intérieur c'est l'hémorragie.

Le type est arrivée devant la caisse automatique. A sorti sa montre. A ouvert la bible. Cherchait un papier dna sla bible. A regardé sa montre longtemps. Encore. Prenait son sac. Le reposait. Regardait sa montre.

Dans ma tête : "putain il doit faire péter son truc à une heure précise". Sans aucun doute. J'étais en panique. Je fais part de ma peur au monsieur derrière moi. J'ai cherché du soutien dans le regard des 10 personnes derrière moi. Le sac était à 30 cm de moi. Il ne resterait rien. Et le type restait là, passant de sa montre à sa bible et de temps en temps à son argent. Il a glissé quelques pièces. A regardé sa montre. Son sac.

Je ne sais plus si j'ai montré un quelconque signe d'impatience. Je ne sais plus. J'étais en panique. Donc incontrôlable. Je transpirais. Je tremblais. J'ai posé mes 2 articles. Prête à tout laisse et partir. Echapper à la mort certaine.

C'est alors que le monsieur derrière moi m'a glissé : "il ne doit pas savoir lire. Il doit essayer de repérer les chiffres sur sa montre".

Connasse. Mais quelle conne putain. Putain!!!

Là encore tout de suite, j'en ai les larmes aux yeux.

Mais pourquoi je ne l'ai pas aidé? Pourquoi je ne l'ai pas aidé putain!!!!!

Je crois qu'il n'a pas payé. Il est vite reparti dans le magasin. Parce qu'il nous faisait attendre? Parce qu'il ne supportait pas ces regards sur lui?

Il a laissé quelques centimes. Tremblante et honteuse, j'ai donné ce qui restait à la caissière en disant "que le Monsieur a oublié ça".

Je me déteste. Putain. J'ai honte. D'avoir eu peur. De ne pas l'avoir aidé.

Culpabilité à la con.

Culpabilité de celle qui est prise la main dans le sac.

Posté par oneyear à 20:21 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Coupable ? Non victime.
Victime du monde moderne et des craintes qu'il inspire.
Victime du siècle de la communication qui n'a de communiquant que le nom puisqu'on ne sait plus communiquer.
Victime tout court.

Posté par Maxivirus, 26 octobre 2009 à 22:09

Voilà, j'allais dire comme Maxivirus. Victime du monde moderne qui inspire très bien la peur de l'autre.

Bon courage, il n'est jamais trop tard pour dévier un peu son regard :)

Posté par RomainB, 28 octobre 2009 à 12:04

J'ai eu la même peur que toi une fois dans le train. Le truc que tu ne contrôles pas. Tu sens monter la pression et tu te dis que c'est la fin. J'avais envoyé des sms à ma meilleure copine pour lui expliquer. Le truc de fou...

Posté par Etudiante2009, 29 octobre 2009 à 11:08

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