One year!

Les 365 jours précédant mes 30 ans

30 octobre 2009

3+1

J'appréhendais d'aller voir T et C jeunes parents du petit V.

Potes, fêtards, compagnon de jogging pour T., fournisseur de vodK caramel le soir de mes 30 ans pour C.

Et me voilà face à eux ce soir.

Que dire?

Quelles questions poser pour prouver son intérêt? A quel moment s'arrêter? Parler du bébé, ses nuits, son lait, ses bodies, questionner la maman, questionner la maman sur le bébé, sur le papa, questionner le papa sur le bébé, sur la maman, questionner les parents sur l'arrivée du bébé, sourire, rire, éclater de rire, être émue, surprise, inquiète, à 22h comprendre qu'il faut les laisser se coucher, payer les sushis, parler du cadeau qu'on a réservé mais qu'on n'a pas reçu à temps, s'excuser, s'excuser de poser des questions peut-être trop intime -on sait pas-, parler un peu de soi mais pas trop, questionner sur le mode de garde, les prochaines vacances, questionner sur le boulot, sur l'appart aussi, sur les nuits courtes, sur les balades. Parce que c'est aussi pour ça qu'on est venu, s'excuser de poser des questions dont la réponse est évidente.

Surtout ne pas montrer qu'on est si mal à l'aise.

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26 octobre 2009

Panique honteuse

Je faisais la queue derrière lui. J'ai remarqué instantanément son gros sac de rando. La tablette de chocolat qu'il allait payer. J'ai vu que ses habits étaient un peu sales, et abîmés. Il lisait la bible je crois. Il était nerveux. Prendre son sac. Reposer son sac. Lire la bible.
La panique est montée. Depuis mon séjour aux states "tu vas voir c'est super cool tu vas t'éclater ah non mince c'est le 11 septembre tu peux crever en fait et regarde sous ton siège dans le métro on sait jamais ah tiens une nouvelle -fausse- alerte à la bombe oh tiens il est bas cet avion non?", je peux m'imaginer les pires scènes et me voir mourir.
Métro, salle d'embarquement, rer bien sûr.

Et je me vois mourir. La panique. J'imagine la bombe exploser. Je me dis "ah là tu es très proche de l'engin, on va rien retrouver de toi" ou "merde tu es loin, tu seras blessée et traumatisée à vie".

La panique arrive en moins d'une seconde. Je me contrôle. Parce que je suis dans un lieu public. Mais à l'intérieur c'est l'hémorragie.

Le type est arrivée devant la caisse automatique. A sorti sa montre. A ouvert la bible. Cherchait un papier dna sla bible. A regardé sa montre longtemps. Encore. Prenait son sac. Le reposait. Regardait sa montre.

Dans ma tête : "putain il doit faire péter son truc à une heure précise". Sans aucun doute. J'étais en panique. Je fais part de ma peur au monsieur derrière moi. J'ai cherché du soutien dans le regard des 10 personnes derrière moi. Le sac était à 30 cm de moi. Il ne resterait rien. Et le type restait là, passant de sa montre à sa bible et de temps en temps à son argent. Il a glissé quelques pièces. A regardé sa montre. Son sac.

Je ne sais plus si j'ai montré un quelconque signe d'impatience. Je ne sais plus. J'étais en panique. Donc incontrôlable. Je transpirais. Je tremblais. J'ai posé mes 2 articles. Prête à tout laisse et partir. Echapper à la mort certaine.

C'est alors que le monsieur derrière moi m'a glissé : "il ne doit pas savoir lire. Il doit essayer de repérer les chiffres sur sa montre".

Connasse. Mais quelle conne putain. Putain!!!

Là encore tout de suite, j'en ai les larmes aux yeux.

Mais pourquoi je ne l'ai pas aidé? Pourquoi je ne l'ai pas aidé putain!!!!!

Je crois qu'il n'a pas payé. Il est vite reparti dans le magasin. Parce qu'il nous faisait attendre? Parce qu'il ne supportait pas ces regards sur lui?

Il a laissé quelques centimes. Tremblante et honteuse, j'ai donné ce qui restait à la caissière en disant "que le Monsieur a oublié ça".

Je me déteste. Putain. J'ai honte. D'avoir eu peur. De ne pas l'avoir aidé.

Culpabilité à la con.

Culpabilité de celle qui est prise la main dans le sac.

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25 octobre 2009

Mauvaise

Je travaille beaucoup sur le sujet "parents" avec mon nouveau meilleur ami.

Sujet difficile.

Depuis quand? Toujours.

Mes parents devaient venir me voir à Paris il y a quelques semaines. Un an qu'ils n'étaient pas venus. Appart impeccable, menu défini, courses faites, conseils du psy prêts à être appliqués.

Finalement on vient pas.

Ah.

Putain.

Grand-mère à l'hôpital qui en sort enfin. Ah. Bon. Mais vous veniez que 48h et la moitié de la famille est à ses côtés.

Non? Bon ok.

Début de semaine : "ne nous appelle pas à la maison, on est chez ta soeur, 3 jours. Elle a besoin de nous."

Ah? Oui.

Bon.

Ce matin, moi : "vous venez quand me voir à Paris alors?
ma mère : c'est pas pour tout de suite!
- ah?
- oui
- (... blablabla sur les récents agissements de la famille proche)
- maman, je te dis juste que moi aussi j'ai besoin que vous veniez me voir à paris
- oui mais bon.... c'est juste que tu n'as pas 97 ans! Et que toi, tu peux venir nous voir!"

Ce soir, ils ont à nouveau migré chez ma soeur.

Si je n'étais pas une mauvaise fille, j'imagine que je comprendrais.

Des années de "je suis forte, je ne veux pas être un problème pour vous, je gère" et voilà le résultat.

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24 octobre 2009

glouglouglou

Le pot au feu c'est un plat de famille. Un plat d'enfant qui rechignera à manger la soupe. Un plat de soirée d'hiver. Un plat de froid. Un plat pour se réchauffer. Un plat de patience.

J'en ai cuisiné un le week-end dernier. Je remet ça ce week-end.

Un pot au feu pour une personne, ça sonne "grand-mère", ça sent vieillot, ça sonne faux.

J'ai d'ailleurs menti au boucher. "C'est pour combien de personnes? Euhhh... deux s'il vous plait." J'ai réussi à ne pas rougir.

Aujourd'hui, j'ai annulé ma venue à un "goûter d'anniversaire d'un bébé que je n'ai jamais vu" (si si...), demain j'annulerai un brunch.

Où est la frontière entre "écouter ses envies" et faire des efforts?

Je n'ai qu'une envie : rester au chaud, lire, voir des films et boire des litres de soupes de pot au feu.

NB : "glou glou glou" fait le pot au feu qui cuit....

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20 octobre 2009

Et sinon?

C'est juste le retour de la petite forme.

Attendons qu'une nouvelle vague vienne bousculer la précédente.

-4 kgs. Tous les jours le poids qui baisse sans que j'aie l'impression de faire le moindre effort.

Le matin je parie sur ma perte de poids.

Je pars du boulot quand la coupe est pleine.

En début de semaine je fixe dans ma tête les échéances réjouissantes.

En dormant 8 à 9 heures par nuit.

J'observe les gens dans le métro, dans l'ascenseur. Je crois voir Môsieur. Ce n'est jamais lui.

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17 octobre 2009

De quoi vous parlez?

Cette semaine, tous les soirs, à 22 heures, je dormais. Et toutes les nuits à 3heures je me réveillais.

J'ai surtout parlé boulot à mon meilleur ami. Je crois que je l'ai choqué.

Et comme un malheur n'arrive jamais seul, ma boss m'a proposé un nouveau job. Que je pense refuser.

Le week-end n'ayant rien à envier à la semaine, ma séance chez une ostéo m'a littéralement assommée.

Dieu merci, les travaux de mon voisin m'ont réveillée dès que je m'endormais.

Merci Monsieur, grâce à votre perceuse ce soir encore à 22heures, je dormirai.

Une vie sociale? Quelle vie sociale?

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14 octobre 2009

Voilà c'est ça!

La chute, c'est que mes parents ne sont finalement pas venus.

Pour de très bonnes raisons évidemment. Rationnellement acceptables. Emotionnellement un peu moins.

Je mange peu en ce moment. Je fonds. A vue d'oeil. Je ne crois pas que ce soit un hasard que ça arrive maintenant.

J'ai revu O un ex hier soir. Un très très chouette moment.

J'ai reçu un mail de Môsieur. Décevant. Egoïste.

Je déteste lorsqu'un camion de pompier est lancé à toute vitesse dans les rues de paris et que les voitures qui roulent devant lui accélèrent au lieu de s'arrêter pour le laisser passer. ça me fout dans une rogne pas possible.

J'ai une génialissime nouvelle ombre à paupières de chez MAC* *Black* et une base qui me permet de rester maquillée all day long.

J'ai pas faim. Ni envie de fumer. Ni envie de pleurer. J'aime bien ces regards sur moi. Que je ne voyais pas avant.

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11 octobre 2009

Le vent est en train de tourner

Il me dit "vous allez voir, ça va tout changer".

Mes parents viennent me rendre visite. Un an qu'ils n'étaient pas venus. Alors que je leur rends visite très régulièrement. Quelques heures de train. A peine quelques dizaines d'euros.
"Vous n'êtes pas la seule responsable : vous êtes tous les 3 responsables de la situation!" me répète mon nouveau meilleur ami le psy.

Il m'apprend à leur ouvrir la porte, à les laisser entrer dans ma vie. Très concrètement. Pour éviter les tensions, les engueulades, la douleur.

Il me dit "vous allez voir, ça va tout changer".

Il m'explique, patiemment, me donne des conseils très concrets. Me demande de lui raconter encore et encore. Me met en situation.

Alors j'ai testé un peu, avant leur arrivée.

Punaise...

31 ans de relations tendues et douloureuses... et peut-être un début d'amélioration. J'y crois. J'ai hâte. Je suis émue comme si je les retrouvais après des années d'absence.

Il me dit "vous allez voir, ça va tout changer".

A cause/grâce à quoi? "A vous!" dit le psy.

Moi j'ai tendance à croire que ce type-là est en train de m'offrir un très joli cadeau.

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10 octobre 2009

viatje

J'ai des envies de Barcelone...

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05 octobre 2009

Fuck l'artichaut

L'artichaut c'est chiant.
Parce que tu rentres du boulot, tu crèves la dalle. Et tu dois le faire cuire 40 bonnes minutes. Tu regrettes d'avoir pris de bonnes résolutions. N'acheter que des fruits et légumes frais et les cuisiner. 40 minutes putain. Eau bouillante. 45 degrés dans l'appart. De la buée sur les vitres. Et l'artichaut qui s'étire un peu dans son bain bouillonnant. Et toi t'as faim.
En attendant tu prépares le soin aux huiles essentielles (huile d'olive + vinaigre balsamique sel et poivre-du-moulin).
Et tu attends.
Et tu finis par craquer. Tant pis s'il est un peu croquant.

Puis tu attaques. En te brûlant les doigts évidemment.
Mais dès les premières (petites) feuilles, tu mords dans la douceur de la chair. Arracher les feuilles une à une. Planter tes dents le plus loin possible pour ne rien perdre. Regarder les empreintes de tes dents dans la chair. Ah oui tiens, tu vois le demi-millimètre qui sépare tes 2 incisives. Et tu recommences.
Tu regardes encore tes empreintes. Puis lorsque le tas de feuilles se fait suffisamment volumineux, tu les fais glisser sous l'assiette, bien câlées, pour faire couler la vinaigrette en bas de l'assiette.
Tu te revois dans la cuisine de tes parents. C'est un plat de parents l'artichaut. Un plat de semaine. Un plat pendant lequel tu racontes ton contrôle de sciences physiques sur l'optique. Un plat du pauvre disait Coluche, vous savez pourquoi.

Et tu mords encore et encore. Tu ranges les feuilles. Harmonieusement. Enfin, un peu comme tu peux.
Les feuilles deviennent fines et tendres et douces et moins fournies.
Tu sais que tu viens de finir la première étape. Bientôt tu seras au pied du mur. Au pied du col. Pour l'épreuve finale.... LE FOIN.
Putain.
Tu te brûles encore plus les doigts. Tu dis "putain!". Tu coupes le fond en 4. Tu en fous partout. Le foin colle au couteau. Il se mélange à la vinaigrette que tu avais préservée jusque-là. Tu te brûles encore. Tu ne lâches pas l'affaire tant que tu n'as pas tout enlevé.
Et enfin... Là... Tout beau... Tout propre... Le fond!
Fondant au possible. Tu te souviens que petite c'est ta maman qui te le "nettoyait". Et que tu le coupais en tous petits morceaux pour faire durer le plaisir.
Là tu le coupes en quartiers. Tu le plonges dans les dernières gouttes de vinaigrette. Ton assiette est pleine. Les châteaux de feuilles se sont déjà effondrés. Tu t'en fous.
Tu dégustes.

Tu viens de passer quelques minutes en enfance.

Et tu viens de faire un post sur l'artichaut.

Posté par oneyear à 20:44 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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